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La myosite d'effort récurrente

Posté le: mai 14, 2019 | Auteur: Équipe Lambey | Catégories: Pathologies

Cas d’une myosite particulière

La myosite d'effort récurrente

La myosite, c’est quoi ?

Des crampes musculaires, des douleurs, une forte sudation... peuvent être les signes d'une crise de myosite chez le cheval. La myosite est un syndrome clinique de crampes et de destruction cellulaire au niveau des muscles, dues à un effort. Une prise de sang révèle un taux élevé de Créatine Kinase (CK) et d'Aspartate Transaminase (AST). À des syndromes cliniques similaires correspondent plusieurs pathologies. On distingue la myosite souvent rencontrée chez les Pur-Sang dite Rhabdomyolyse ou « coup de sang » qui correspond à une anomalie de la contraction musculaire de celle plutôt rencontrée chez les Quarters Horses dite myopathie à polysaccharides. Cette myopathie consiste en une accumulation anormale de glycogène et d'autres polysaccharides dans les muscles. Des défauts héréditaires du métabolisme dans les muscles ont été mis en évidence sur certaines lignées de chevaux. Chez certains sujets, les crises de myosite peuvent être assez fréquentes même avec un entraînement léger et sont très souvent accompagnées d'une baisse des performances de l'animal.

Valberg, 1998, Advances in Equine Nutrition.

Quels types de chevaux ?

Les Pur Sang, les Trotteurs et les Arabes sont les trois races de chevaux les plus touchées par les myosites d’effort récurrentes. Trois études épidémiologiques ont montré que cette pathologie concernait environ 6 % des Pur Sang que ce soit aux USA, en Australie ou au Royaume-Uni. 66,7 % des cas sont des juments, cependant une corrélation n’a pas pu être établie entre les crises de myosites et le cycle oestrogénique. L’âge est aussi un facteur non négligeable puisque la prévalence des myosites chez les 2-3 ans est bien plus importante que celle chez des individus plus âgés. De plus, le risque d’apparition de myosite est multiplié par 5,4 lorsque les chevaux ont un tempérament nerveux.

JM MacLeay, Am. J. Vet. Res., 1999
S.J. Valberg, AAEP Proceedings, 2006 

Exercice et alimentation inadaptés : des facteurs déclencheurs

La régularité du travail et le type d’exercice sont importants. En effet, plus de 6 chevaux sur 10 atteints de myosite ont eu au moins un jour de repos avant une crise. Les épisodes surviennent rarement après une course, mais plus souvent lorsque les chevaux sont retenus à allure réduite pendant l’exercice. Les Pur Sang montrent souvent les signes d’une myosite après le steeple-chase ou au début de la phase de cross (conséquence d’une allure retenue). Par ailleurs, des rations riches en amidon (via les céréales), déséquilibrées en sélénium et vitamine E ou en électrolytes augmentent le risque de déclencher des crises de myosites.

Au moins 80 % des chevaux souffrant de myosite montrent une amélioration notable des signes cliniques lorsque leur ration et leur entraînement sont adaptés.

JM MacLeay, Am. J. Vet. Res., 1999
S.J. Valberg, AAEP Proceedings, 2006

En résumé, la myosite d’effort récurrente touche principalement :

  • Les femelles
  • Les 2-3 ans
  • Les chevaux à tempérament nerveux
  • Les chevaux ayant eu un jour de repos la veille

Ration pauvre en amidon

La communauté scientifique est unanime face à la myosite : un management nutritionnel est indispensable. Il est essentiel de privilégier une ration pauvre en sucre et en amidon (contenu dans les céréales), mais riche en lipides (huile végétale). L’utilisation d’un aliment élaboré répondant à ces contraintes spécifiques est indiquée.

Il est également recommandé de distribuer du fourrage de qualité pour l’apport de fibres.

Il est toutefois important de noter que l’incorporation de matière grasse doit se faire de manière progressive. Les premières améliorations sont visibles après 3 semaines et l’efficacité réelle est obtenue après 3 à 4 mois d’un tel régime.

S. Valberg, The Horse, 2007
B.A. Valentine, The Horse, 2006
JM MacLeay Am. J. Vet. Res., 2000
E.C. McKenzie, AAEP Proceedings, 2002

Contrôler l’environnement et l’exercice

Réduire le stress et contrôler l’entraînement contribuent à limiter les épisodes de myosites. Pour les chevaux sujets à cette pathologie, il est conseillé de choisir un box dans un environnement calme, de nourrir et d’entraîner en premier les impatients. Il est également recommandé pour ces chevaux d’éviter les jours de repos, et d’effectuer un échauffement prolongé avec des étirements adaptés. Pour le steeple-chase, il est conseillé de maintenir les chevaux dans le calme lors des entraînements et d’espacer les exercices effectués à la vitesse propre à cette discipline. Pour les Pur Sang, il est préconisé de ne pas réduire la vitesse lors des exercices. Pour les trotteurs, qui développent plus souvent des myosites après 15 à 30 minutes de trot à la vitesse submaximale, il est conseillé de réduire les sessions de travail à 15 minutes.

S.J. Valberg, AAEP Proceedings, 2006

Des antioxydants pour protéger les cellules

Il a été établi que l’activité de contraction musculaire provoque une augmentation de la production d’oxydants. Une alimentation riche en huile augmente également le potentiel oxydant. L’accumulation de ces oxydants peut entraîner un endommagement cellulaire. Pour les chevaux sujets aux myosites, il est recommandé de supplémenter la ration en antioxydants comme la vitamine E et le sélénium.

SK. Power, Med. Sci. Sports Exerc., 1999
BR Rush, Proceedings of the North American
Veterinary Conférence, 2006 

En résumé, il est recommandé :

  • D’adapter la ration : en diminuant la part des céréales (riches en amidon) et en apportant des antioxydants comme la vitamine E et le sélénium.
  • D’adapter le travail en privilégiant un entraînement régulier
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